Tout l’été, la pression a été maintenue pour que le gouvernement retire son projet de loi sur les retraites.
Les délégué-e-s SUD-Rail sont venus à votre rencontre.
Voici les réponses aux questions que vous nous posez le plus souvent : |
|
MANIF : mardi 7 septembre à 14h de République à Nation Rendez-vous Sud/Solidaires: angle Place de la République et bld du Temple
Parcours : République, Bastille, Fg St-Antoine, Nation.
Ordre de la Manif : CGC, CFDT, Solidaires, syndicats étudiants et lycéens, UNSA, FSU, CFTC, CGT, FO. |
Pourquoi faut-il sauver le système par répartition et refuser le système par capitalisation ?
Imaginez que nous sommes en 2050. Deux situations sont possibles :
1er cas : il y a assez de richesses produites pour financer les retraites auquel cas il faut choisir le système par répartition
puisqu’il marche !
2ème cas : il n’ y a pas assez de richesses produites pour financer les retraites (hypothèse Jospin), auquel cas il faudrait plutôt choisir la capitalisation.
Elle consiste à transformer son argent en titres pendant qu’on est actif. Arrivé en retraite, ces titres sont reconvertis en argent.
Mais, la richesse n’ayant pas précisément été produite, il est impossible de la reconvertir en argent : c’est ce qui est arrivé à des millions d’américains.
Donc, pour bénéficier d’une retraite, on a là encore intérêt à choisir le système par répartition.
Quelles sont les suites qui se profilent après le 7 ?
La grève reconductible est bien plus efficace que les journées isolées. Ce mouvement de grève doit démarrer nationalement. Par conséquent, nous proposons que la grève reconductible soit
décidée très rapidement.
Avez-vous un exemple pour comprendre le catastrophisme dont fait preuve le gouvernement ?
C’est comme si, aujourd’hui, le gouvernement déclarerait qu’une grande famine menace la France avec ce raisonnement simpliste :
« C’est mathématique ! En 1944 il y avait 15 millions de paysans pour nourrir 40 millions de français. En 2010, il n’y a plus qu’1 million d’agriculteurs pour 60 millions de français : le pays court à sa perte ! ».
Ce raisonnement nous ferait bien rire : bien sûr que c’est impossible, ce serait oublier les gains de productivité.
Et pourtant c’est bien ce même raisonnement que le gouvernement veut nous faire avaler pour les retraites. C’est énorme c’est grossier. Pourtant, ça marche. On a intégré la manipulation orchestrée par le gouvernement parce qu’y compris certains syndicats n’osent pas l’affirmer haut et fort : non il n’y a pas de problème de financement des retraites.
Et, oui, il est possible de revenir sur toutes les réformes passées. |
|
Pourquoi est-il essentiel de venir en AG ?
Nous ne croyons pas que l’on puisse gagner sur les retraites par une ou plusieurs journées de grèves isolées :
une grève reconductible est nécessaire. Or, les syndicats,
seuls, ne peuvent l’initier et la mener : ce sont donc à tou-tes les cheminot-e-s, syndiqué-e-s ou non, de prendre le mouvement en main.
Il est donc absolument essentiel que chaque cheminot-e gréviste vienne en AG pour échanger nos informations et décider ensemble des actions à mener afin de construire une riposte puissante.
Peut-on gagner le retrait du projet ?
Est-ce perdu quand la loi sera votée ?
Tout l’été, le gouvernement et Woerth en particulier ont été très affaiblis par les scandales à répétition. Le projet de loi sera présenté dès le 7 septembre à l’Assemblée Nationale et le débat vite expédié. La loi devrait être voté le 10 octobre au plus tard. Ceci ne doit absolument pas nous démobiliser : souvenons-nous, pour le CPE (Contrat Premier Embauche), la loi avait été votée puis retirée suite à la pression de la rue.
Mais, alors peut-on vraiment revenir sur toutes les réformes passées ? (retour aux 37.5 annuités, sur le calcul basé sur les 10 meilleures années dans le privé, sur la réforme des complémentaires. etc.)
Bien sûr ! Les économistes ont calculé qu’en 2050, toujours dans le pire des scénarios, si on revient sur toutes les réformes, il resterait encore 3.000 milliards € par an ! A titre de comparaison, nous produisons 2.000 milliards € par an aujourd’hui...
Pourquoi on en entend jamais parler ?
La plupart des médias appartient aux 500 familles les plus riches de France. (Lagardère, Bouygues, Dassault, etc).
Ces médias ont bien évidemment quelques intérêts à discréditer toute mobilisation sociale, au profit (et aux ordres) de leurs richissimes actionnaires. D’autre part, le gouvernement a injecté 7 millions d’euros pour la campagne sur les retraites. En plus d’être onéreuse, elle est anti-démocratique : aucun droit de
réponse n’est possible à moyen équivalent.
|
OK pour exiger le retrait de ce projet de loi, mais comment financer les retraites ?
Les retraites sont présentées comme un problème ni de gauche, ni de droite mais arithmétique. Or, il faut bien comprendre qu’il n’y a PAS de problème de financement des retraites. Démonstration avec les chiffres présentés par le gouvernement :
- on vous dit : « aujourd’hui le système par répartition est viable, parce qu’il y a 3 actifs pour 2 retraités. Mais, en 2040, le rapport sera inversé : 2 actifs pour 3 retraités… Le système par répartition mourra. C’est un problème démographique. »
- on vous dit : « aujourd’hui, les retraites coûtent 260 Mds € par an. En 2050, elles coûteront 720 Mds €. Il faudra tripler l’effort ! C’est un problème financier. » MAIS, on oublie de vous dire :
- « qu’en 2040, les 2 actifs produiront des richesses comme 4 actifs d’aujourd’hui. Il y a donc bien un rapport positifi de 4 actifs pour financer 2 retraités. »
- « aujourd’hui, les retraites coûtent 260 Mds € par an : il reste encore 1740 milliards € à se partager entre le capital, les salaires et les investissements. En 2050, elles coûteront 720 Mds €. Mais, comme nous produirons 4000 milliards d’euros par an : il restera donc 3280 milliards € à partager ! Plus que ce que l’on produit aujourd’hui en une année (2000 Mds €) ! Et encore c’est le pire des scénarios... »
Finalement, le seul problème des retraites est idéologique. Comme l’a si bien dit Ernest Sellière (ex - n°2 du MEDEF), il faut en finir avec le système de répartition des retraites et le programme du conseil de la résistance, qui l’a instauré en 1945.